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Objet d'étude :
La Poésie (le travail poétique sur le langage)

Problématique : En quoi l'écriture poétique est-elle un engagement ?




Ce que vous devez savoir :

Préalable...

Questions :
Quelle conception de la poésie est avancée dans le corpus qui suit ?
Quel est le « travail » du poète ?
(forme, sens, rythme…)
Qu’est la poésie en prose ? Musique / chanson et poésie ?
Quelle différence entre la strophe et le paragraphe ?
(aposiopèse…)
Quels poètes pouvez-vous citer ?
(du XVIe siècle à nos jours…)

Les poètes vus par la poésie :

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  • Au XVIIIe (les Lumières)
    Madame de Staël (in De l'Allemagne - 1800)
    Un monde nouveau s'offre [au poète] ; l'image sublime de chaque situation, de chaque caractère, de chaque beauté de la nature frappe ses regards, et son coeur bat pour un bonheur céleste qui traverse comme un éclair l'obscurité du sort.
  • Au XIXe (la révolution industrielle) domine et le présent est bien sombre…
    Baudelaire (in Les fleurs du mal - 1859 - « l’albatros ») :
    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher
     
    Rimbaud (Lettre à Paul Démeny, 1871) :
    Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.
     
    Victor Hugo (in Les Rayons et les Ombres, 1835) :
    Le poète en des jours impies
    Vient préparer des jours meilleurs.
    Il est l'homme des utopies
     
  • Aux XXe et XXIe siècles : la poésie s'engage et retourne aux sources (chanson)...
    Léo Ferré (in Testament phonographe - 1980) :
    La poésie est une clameur. Elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.

    Jacques Roubaud (in Les Animaux de tout le monde, 1983) :
    Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre
    Il laboure les mots, qui sont comme un grand champ
    Où les hommes récoltent les denrées langagières
  • En définitive, la poétique c'est le contraire de l'évocation d'un monde plat : elle décrit un monde (même minuscule) transcendé par l'imagee poétique, un monde où s'exprime la révolte contre la platitude des sentiments et du regard : l'écriture contre l’inconsistance. Le poète creuse la différence entre ce qu’on voit et ce qu'il nous donne à voir : l’information, le réel, nos représentations sont manipulées par la puissance évocatrice du langage poétique.

Les principes de la poésie :

Manier savamment une langue c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire.
Baudelaire (in Art romantique - 1869)

Qu’est-ce qu’une « image » en poésie ?

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  • L’image mentale : évocation personnelle
    Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
    Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne

    (Apollinaire, « Automne », Alcools XXX )
  • L’image littéraire : travail sur la langue, procédés
    Du thème au phore (du comparé au comparant) : du sens propre au second sens (sens suggéré)
    J’écris dans un pays que les bouchers écorchent
    Et dont je vois les nerfs les entrailles et les os
    (Aragon, Les étoiles, 1943)
  • L’image endormie (le cliché) : aucune autre évocation que son thème
    feuille de papier ; une voix d’or…
  • L’image réveillée (ou cliché rajeuni) :
    feuille de papier tombée à l’automne ; sous le soleil de sa voix dorée
  • L’image neuve : elle échappe à l’usage et vient nous surprendre en éveillant un second sens.
    Clown, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l'esclaffement, le sens que contre toute lumière je m'étais fait de mon importance.
    (Michaux, « Clown », L’espace du dedans,1944)
  • L’image incohérente (ou choc de deux clichés) :
    Cette averse est un feu de paille
    (Éluard),
    Ces Dieux qui dans mon sang ont allumé le feu fatal à tout mon sang
    (Racine, Phèdre, vers 679 - 680)
  • « L’image surréelle » selon Breton : l’expression « recèle une dose énorme de contradiction apparente »
    La terre est bleue comme une orange
    […]
    L'aube se passe autour du cou
    […]
    Œil de sourd
    Faites mon portait.

    (Éluard, L’Amour la poésie, 1929)
    Les voiles de ma poitrine se gonfle d'un parfum de guitare
    (Mathieu Lippé, poème, 2004)

La représentation des courants littéraires ?

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Ils ne sont pas que poétiques… Mais voici par ordre chronologique :
Amour courtois (fin’amor), Troubadour, Trouvère, Renaissance, Pléiade, Baroque, Classicisme, Honnête homme, Préciosité, Burlesque, Lumières, Encyclopédiste, Modernité, Romantisme, Art pour l’art, Parnasse, Réalisme, Naturalisme, Impressionnisme, Symbolisme, Expressionnisme, Décadents, Dadaïsme, Surréalisme, Engagement, Négritude, Nouveau Roman, Absurde, Steampunk…

Quelques formes fixes ?

  • Ballade (XIVe et XVe siècles)
    Selon son étymologie : forme pour danser de 28 vers
    - Trois strophes de huitains ou dizains (en octosyllabes ou décasyllabes), plus une demi strophe (l’envoi) à projet de dédicace.
    - Chaque strophe se termine par un même vers (refrain) intégré à l’ ensemble de la strophe.abba.
    - le jeu de trois rimes s’enchaîne sur un système ababbcbc, bcbc ( pour l’ envoi).
    - les vers sont des octosyllabes.
    • Rondeau (Moyen-âge, puis XIXe siècle)
      Selon son étymologie : forme qui tourne en rond :
      - forme brève de quinze, treize ou douze vers sur seulement deux rimes.
      - le premier vers est repris sous forme de refrain à la fin des deuxième et troisième strophes.
      - les rimes sont soit abba abaa bbaa soit cdcd dccd cdcc.
      - les vers sont des octosyllabes.
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